L'Echo de Saint Paul des Fonts

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mardi 30 mars 2010

Saint Paul des Fonts dans les guides et sur les cartes

Grâce à l’activisme touristique des « journées Coste » les guides de tourisme commencent à référencer Saint Paul des Fonts. Ainsi, le prestigieux Guide Vert 2010 consacré au Languedoc-Roussillon mentionne désormais le village en présentant l’Espace Hippolyte Coste.

Et nous espérons qu'ils seront nombreux ceux qui voudront découvrir ce cadre étonnant.

Mais, s'ils veulent le faire une carte à la main, il leur faudra quatre cartes IGN au 1 : 25 000éme :

CORNUS 2542 E 

(cliquez sur la carte et vous tomberez sur le site de l'IGN)



CAMARES   2542 O

(cliquez sur la carte et vous tomberez sur le site de l'IGN)



SAINT AFFRIQUE  2541 O

(cliquez sur la carte et vous tomberez sur le site de l'IGN)

MILLAU     2541 E

(cliquez sur la carte et vous tomberez sur le site de l'IGN)



Ou deux cartes  au 1: 50 000 éme: MILLAU2541 ou  CAMARES2542

 Mais il existe une troisième possibilité, pour ceux qui ne veulent pas se perdre dans le papier : c’est de commander sa carte sur-mesure auprès de l’IGN.

Ainsi pour un prix inférieur à celui de deux cartes standard au 1 : 25 000 eme vous aurez  une carte à la même échelle, qui vous permettra de faire le faire des promenades, de Saint Beaulize à Roquefort et de Saint Jean à Saint Eulalie:


 Bonne randonnée.

mercredi 17 mars 2010

Neiges et brumes mystérieuses à Saint Paul des Fonts

vendredi 12 mars 2010

Les noms de Saint Paul

Le premier nom du village de Saint Paul (1), attesté depuis 1170 était SAINT PAUL DE LA FOZ. Le substantif « la foz » désignait la « résurgence », c'est-à-dire la première sortie à l'air libre d'un écoulement souterrain, de LABEL, rivière que trouve sa source en amont et traverse le village. Il s’agit d’un terme spécifique qui vient du latin FAUCEM, la gorge, et qui désigne un type particulier de source différent à la fois de la « font » (fontem) et de « la dou » ou « l’adou » (ad ducem).



Plus tard, dans les conforts de 1241, le village est désigné par référence à son château et le texte précise à propos du « mas Mazel » « Loqual mas es e la parrochia de S. Paul de la Rocca Trebalo ». Cette dénomination de ST PAUL DE LA ROCCA TREBALO » se rencontrera plusieurs fois au cours du XIIIéme siècle.

Mais à partir de 1322, le village reprend le nom de ses résurgences, au pluriel cette fois, et le nom devient ST PAUL DE LAS FOZ.


Lorsque la forme de ce nom est latinisée en 1469 en ST PAULUS DE FONTIBUS, une erreur est commise sur le type de source des rivières de l’ADOU et de LABEL et cette erreur se perpétue aujourd’hui avec le nom de SAINT PAUL-DES-FONTS.

 

(1) Voir André Soutou, La commanderie de Sainte Eulalie de Larzac, C. Lacour ed. 1999

jeudi 11 mars 2010

Saint Paul des Fonts et la civilisation des Treilles.

Brève histoire de Saint Paul des Fonts 12250 – Aveyron

Le Chalcolithique (-3.300 / - 2 200 av JC)

 Le Chalcolithique désigne la période de l’Holocène, figurant après le néolithique et avant l’age du bronze, où les hommes complètent l’usage d’un «outillage principalement en pierre (..) par des objets en cuivre».

 Vers 2.500 av JC, le climat, alors plus doux, plus chaud et plus humide que de nos jours, connaît un refroidissement. Le chêne cède le pas au Hêtre accompagné du Sapin qui occupe toutes les altitudes pré-montagnardes (700 – 1 100 mètres) en particulier les expositions pluvieuses, ouvertes au vent d’ouest (1). C’est à ce moment que les premiers habitants de Saint-Paul-des-Fonts donnèrent leur nom à toute une civilisation : « la civilisation du groupe des treilles » - du nom de la grotte située dans la falaise de Saint-Paul-des-Fonts et fouillée par Balsan dans les années trente (2).


          © Musée Fenaille - coll. Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron

Ces habitants sont alors de petite taille, à peine 1,63 m en moyenne pour les hommes et environ 1,50m pour les femmes ; le crâne est dolichocéphale, la musculature puissante, ils ont une face et un nez hauts et étroits. Leur squelette est robuste et leur capacité crânienne forte (3)

 Ils vivent dans des grottes qui dominent la vallée, même si depuis le début du néolithique ils disposent d’habitats de plein air. Ils emploient une vaisselle de terre cuite, des assiettes, des plats, des écuelles. Ils utilisent encore la hache polie et la faucille à dents de silex.

Ils cultivent l’orge à grain nu et des blés à grain vêtu. L’élevage dominant reste celui des chèvres et des moutons. La chasse, la pêche la cueillette des glands, des noisettes, des pommes et du genièvre ne constituent plus qu’un appoint.

 Ils inhument leurs morts dans des grottes puis sous des dolmens.

 

(1) cf. « Histoire du Rouergue », sous la direction de Henri Enjalbert et Gérard Cholvy, Ed. Privat, Ouest France, 2001, p. 14 et s.

(2) cf : Balsan, « l’ossuaire des Treilles, P.V. Soc. Let. Av. XXXII, 1938, p. 312

(3) op. cit. « Histoire du Rouergue », p. 34 et s..

dimanche 7 mars 2010

La guerre des Sorcières Gauloises

A quelques heures de marche deSaint-Paul-des-Fonts, au lieu-dit la « Vayssière », dans la nécropole gallo-romaine de l’Hospitalet-du-Larzac, on a découvert les traces d’un terrible affrontement de magie noire entre deux clans de sorcières Gauloises qui eut lieu à la fin du Ier siècle après JC.

Sur la grand-route antique de Millau à Lodève, existait aux environs de l’Hospitalet-du-Larzac, un relais antique avec son habitat gallo-romain et sa nécropole. En août 1983, la sépulture 71 fut fouillée par M. Alain Vernhet (1). Cette tombe, datée de 100 après J.C., consistait en une fosse à la dimension du corps sur laquelle avait été pratiquée l’incinération.

Le mobilier funéraire avait été disposé sur les cendres. Il se composait d’une quarantaine de vases et une bague avec chaton en pâte de verre (2). Dans un petit caveau annexe (3) , une poignée de débris osseux et de cendre avait été placée, à titre symbolique, dans une urne. Sur l’orifice de cette urne funéraire étaient posés, l’un sur l’autre, deux fragments d’une plaquette de plomb. Ces plaques ont subi des traitements violents, brisées, cassées sur les bords, percées en leur milieu, elles portent les traces d’un acte de sorcellerie (4) et le plus longs textes écrits en langue gauloise trouvé à ce jour.

Les textes figurant sur ces plaques pourrait être traduit ainsi (5) :

Face 1a

« Envoie le charme de ces femmes contre leurs noms (qui sont) ci-dessous; cela (est) un charme de sorcière ensorcelant des sorcières. Ô Adsagsona, regarde deux fois Severa Tertionicna, leur sorcière de fil et leur sorcière d'écriture, qu'elle relâche celui qu'elles auront frappé de defixio; avec un mauvais sort contre leurs noms, effectue l'ensorcellement du groupe ci-dessous [...] »

Face 1b

« [...] que ces femmes ci-dessus, nommées, enchantées, soient pour lui réduites à l'impuissance [...] »

Face 2a

« [...] tout homme en fonction de juge, qu'elles auraient frappé de defixio, qu'elle annule le defixio de cet homme; qu'il ne puisse y avoir de sorcière par l'écriture, de sorcière par le fil, de sorcière donneuse, parmi ces femmes, qui sollicitent Severa, la sorcière par l'écriture, la sorcière par le fil, l'étrangère [...] »

Face 2b

« qu'elle n'échappe pas au mal de l'ensorcelée [...]

Tout d’abord, il convient de remarquer que la phrase initiale : «  insinde se bnanom brict[m i] eianom anuana » indiquerait que le texte n’est qu’une contre-mesure visant à retourner contre elles-mêmes des sorts jetés par des magiciennes ennemies. En outre, les termes « bnanom brictom » ferait référence à la magie des femmes. Or c’est là une antique tradition celtique que l’on retrouve dans la littérature du vieil-irlandais : ainsi Patrice demandât il à Dieu de le protéger, entre autres dangers contre les trois pouvoirs magiques qu’il peut avoir à affronter : celui des femmes, celui des forgerons, celui des sorciers (7).

Et parmi ces magies « domestiques » dites « de femme » figure la « magie de liens » et celle « d’écriture ». La magie de lien, dite katadesmos (ligature) en grec correspond à un envoûtement, effectué par un lien (du verbe deisthaï) vers le bas (sens du préfixe kata-) qui vise à vouer aux puissances infernales(8) . La magie d’écriture dite « defixio », substantif latin qui vient du verbe « defigere », consiste en effet à « ficher », fixer en bas, transpercer. Il s’agit d’une opération magique par laquelle on plante un clou, on torture quelqu’un ou un substitut, ici une plaque de plomb (9).

Ceux types de magies, participent de la même idée : lier quelqu’un à une puissance surnaturelle.

Celui qui voulait agir contre un adversaire concluait avec les divinités souterraines une sorte de pacte : il leur donnait/liait son adversaire et priait ces divinités d'accomplir, ce qu'il ne pouvait faire lui-même, sur ce qu’il venait de leur offrir/lier (10).

Les Gaulois ont empruntés cette sorcellerie par l’écriture à leurs nouveaux maîtres. Cette procédure magique est attestée dans tout le bassin méditerranéen dans l’Antiquité.

Ainsi, les « plombs du Larzac » sont des missives adressées à une divinité infernale (11) afin de renvoyer à des sorcières le mauvais sort qu’elles ont jeté, de répondre à la magie noire par un dispositif de « contre-magie ». Mais c’est aussi le plus long texte gaulois connu à ce jour et celui qui a réservé aux linguistes des surprises considérables, non seulement parce qu’il apportait des mots nouveau d’une « indo-européanité exemplaire », mais surtout parce qu’il apportait de véritables révélations sur la morphologie et sur la phonétique de la langue gauloise

La copie de ces plaques de plomb peut se voir au MUSEE DE L'HOSPITALET, Place des Cygnes, 12230L'HOSPITALET DU LARZAC, pour les visites renseignez vous auprès de la mairie : http://www.lhospitaletdularzac.fr

Pour en savoir plus:

"Le plomb magique du Larzac et les sorcières gauloises", LEJEUNE Michel ; FLEURIOT L. ; LAMBERT P. Y. ; MARICHAL R. ; VERNHET A. ;

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(1) A. Vernet Gallia XLIII 1985)

(2) (4) (9) (11) "Oublions un instant la magie d’internet : découvrons la tablette d’exécration de Rom et à Poitier, un charme contre l’impuissance ; Comment parler d’une tablette de plomb ou d’argent sans rompre le charme", Par Denis Montebello Photos, Sébastien Laval et Loïc Hamon RMN, in L’actualité poitou-charentes, n° 53, p. 25

(7) « …fri brichtu ban ocus gobann ocus druad » (Stokes-Strachan, Thesaurus paleohibernicus II, p. 357). Rapprocher v. irl. Brichtu ban de gaul. Bnanom brictom. In http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1984_num_128_4_14218