Le XI éme siècle fut riche en construction de « châteaux » et Saint Paul-des-Fonts en fut bien pourvu. André Soutou (1), dans son ouvrage que en identifie deux sur le territoire de Saint Paul-des-Fonts : le château d’Annou et celui de Roque Tréboul.

 Le château d’Annou

 Le « Château d’Annou » fut l’un des plus anciens châteaux du Larzac, selon cet auteur, puisqu’il est signalé en 1027 prés du lieudit « Mas Bouosc », au Sud Est du Vialaret. Il aurait été bâti, pour certains, sur le rocher appelé par le cadastre « Castel Monbel », pour d’autres sur l’autre rive de l’annou, dans une position lui permettant de garder le gué.

 

Ce château qui a disparu aujourd’hui devait avoir les caractéristiques d’une motte féodale / motte castrale propre aux châtellenies du XIeme siècle. Selon Gauvard (2) les dimensions de ces mottes peuvent varier de 50 à 200 mètres de diamètre et d’une hauteur de dix à soixante mètres. La tour, en bois, d’un ou deux étages, était encerclée par une palissade ou un muret aménagés sur une levée de terre et par un fossé. L’entrée pouvait se faire par un pont amovible gardé par une porte et une tour en bois. On peut alors imaginer que le Château de l’Annou ressemblait à cela :

 

Le château de Roquetréboul

Le château de la « Roque Treboulon », dont il ne reste plus de vestiges apparents était situé au nord du village au lieudit Lou Castel. Il appartenait primitivement à un seigneur nommé TREBOULON (Trebolo en ancien provençal est un nom de famille connu dans l’Aveyron). Ce château est mentionné dés la fin du XII éme siècle (1)

                                                                                                  Tapisserie de Dinan

En 1204,  le château est gagé par le roi Pierre d'Aragon en garantie d'un prêt consenti par le Comte de Toulouse. Le prêt n'ayant pas été remboursé le chateau devint propriété du comte de Toulouse à la suite du traité de Paris.

Par ailleurs, l’étude des archives Templières par Antoine Régis Carcenac (3) montre qu’au milieu du XIII éme siècle, ce château et son mandement était partagé entre divers seigneurs qui y tenaient en fief leurs parts du Comte de Toulouse. Or la commanderie Templière de Sainte Eulalie qui possédait de nombreux biens à Saint Paul des Fonts, cherchait à y étendre ses droits. S’opposant aux autres seigneurs, l’Ordre du Temple leur fit un procès à propos du « Mas Garnier ». Ce procès dont on retrouve les traces dans la partie des archives de l’Ordre du temple consacrées à Saint Paul des Fonts, démontre qu’en 1260 le Comte de Toulouse gardait bien la suzeraineté du fief de Roquetréboule et atteste avec quelle opiniâtreté les templiers poursuivaient leur entreprise de domination dans la région de Saint Paul des Fonts et la forte résistance qui leur était opposée.

Avec l’annexion à la couronne de France du Comté de Toulouse en 1271, le château passe sous suzeraineté royale. Il existait encore au XIV éme siècle lorsqu’en 1362, les habitants de Saint Paul des Fonts sont autorisés à s’y réfugier et à y déposer leurs meubles ainsi que les produits de leur récoltes, moyennant l’acquittement d’une redevance (1). Des coffre y auraient encore été entreposés en 1450.

(1) la Commanderie Templière de Sainte Eulalie de Larzac C. Lacour ed. 1999 p. 69  et s.
(2) dictionnaire du moyen age p.275
(3) Les templiers du Larzac ; La commanderie du Temple de Sainte Eulalie de Larzac », C. Lacour, éditeur, 1994